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La population d'apron connue sur le Doubs franco-suisse constitue la population d'apron la plus septentrionale et également la plus menacée de disparition. Les suivis annuels de population effectués par Aquarius  ainsi qu'une étude génétique effectuée par l'Université d'Aix-Marseille, sous maitrise d'ouvrage de l'Office de l'Environnement (OFEV), indique clairement que les aprons du Doubs suisse sont dans une situation critique de conservation nécessitant des mesures de gestion urgentes.

 Si on synthétise les données sur ce secteur ces dernières années , l'observation d'Apron la plus en amont a été faite au niveau de Lobchez (amont Soubey) en 2012 (BONNAIRE F. Centre nature Les Cerlatez) et la plus aval au niveau de Bellefontaine en 2015 (AQUARIUS- OFEV). Ce linéaire représente une vingtaine de kilomètres sur le Doubs suisse. Les recherches effectuées aussi bien sur le Doubs français à l'aval ou sur le Doubs franco-suisse à l'amont n'ont rien donné. La faiblesse des effectifs d'aprons conjuguée à un cours d'eau difficile à prospecter rendent sa détection particulièrement difficile.

Aussi le Conservatoire d'espaces naturels Rhône-Alpes avec le soutien financier de la Dreal Auvergne-Rhône-Alpes a eu l'opportunité de procéder à une nouvelle campagne de détection de l'apron par l'ADN environnemental. Ainsi, 8 stations ont été définies sur le Doubs franco-suisse et Suisse permettant de couvrir un linéaire d'environ 18 kilomètres sur un secteur allant de Soubey en Suisse à Goumois en France, soit à partir  du secteur de présence connu constituant la limite de répartition amont supposée.

L'échantillonnage a été effectué au mois de juillet par l'Agence Française de la Biodiversité sur 2 jours, des membres de l'Office de l'Environnement ont pu y assister.

Sur les 8 stations échantillonnées, 3 stations se sont révélées positives: 2 sur le Doubs franco-suisse dont la plus en amont se situant à Goumois, puis sur le Doubs Suisse au niveau de la station Les Moulins suivie par l'OFEV. La station positive de Goumois se situe à environ 12 km de l'observation la plus en amont d'apron qui a été faite en 2012!

Ces résultats sont une excellente nouvelle mais notons que le signal de détection est très faible. Autrement dit,  l'apron est présent sur ce secteur du Doubs mais avec des effectifs probablement très restreints.

Cela encourage donc, non seulement à échantillonner davantage pour tenter de mieux connaitre les limites de répartition sur le Doubs,  mais cela nous invite fortement à mutualiser les moyens français et suisse pour rechercher et vérifier la présence d'aprons par des prospections conjointes  mais également définir une stratégie d'actions à très court terme pour sauver le roi du Doubs.

Le Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes, le Muséum de la Citadelle de Besançon, l’Agence Française pour la Biodiversité (anciennement Onema) en partenariat avec l’université Aix-Marseille, la gare des Ramières et le Syndicat mixte de la rivière Drôme ont procédé le mercredi 31 mai à la réintroduction d'aprons.

Après l'arrivée des aprons en provenance de Besançon en fin d'après-midi, environ 800 alevins ont été relâchés sur les 3 stations se situant à Blacons, Saillans et Sainte Croix.

Ces opérations se sont réalisées conformément au protocole défini dans la stratégie, dans une atmosphère conviviale sous le regard de quelques personnes et journalistes qui s’étaient déplacés pour l'évènement.

La dernière opération de réintroduction aura lieu en 2018 à la même période et les suivis se poursuivront jusqu'en 2020 afin d'avoir un retour d'expérience complet de ces opérations pilotes et savoir si la population mise en place se maintient de manière satisfaisante dans la Drôme.

Les partenaires financiers de cette opération sont l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée & Corse, la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement d'Auvergne - Rhône-Alpes, la Région Auvergne - Rhône-Alpes, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

photo allegee

 Depuis hier, l'Agence de l'eau accueille 4 pensionnaires à son siège, 2 Allée de Lodz et ce pendant une dizaine de jours.

En effet, une intervention du CEN RA à l'intention des salariés pour faire découvrir et présenter des actions en faveur de l'espèce s'est tenue hier. L'occasion a donc été saisie d'installer l'aquarium mobile et l'exposition Apron sous la supervision de l'Aquarium de Lyon qui a apporté 4 aprons issus de la reproduction artificielle menée au Muséum de Besançon.

Ces aprons seront donc visibles dans le hall d'accueil de l'Agence de l'eau jusqu'à la fin de la semaine prochaine.

J'en profite également pour vous rappeler que 2 aquariums mobiles sont à votre disposition pour accompagner vos évènements et manifestations. L'un est basé à la Citadelle de Besançon et l'autre à l'antenne du CEN RA en Ardèche, les aprons exposés issus de reproduction artificielle sont alors fournis par notre partenaire le plus proche du lieu d'exposition: Besançon (25), Lyon (69), Allex (26), sous la supervision d'une personne détentrice d'un certificat de capacité.

 

Le Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes et ses partenaires  ont le plaisir de vous convier à une opération de réintroduction de l’apron dans la Drôme le mercredi 31 mai 2017 à 17h30 à BLACONS.

RDV sur la rive gauche de la Drôme, à l'aval du pont de la RD 164. (se garer rive droite à Blacons et rejoindre le site à pied).

Opération réalisée par le Conservatoire d’espaces naturels de Rhône-Alpes, le Muséum de la Citadelle de Besançon, l’Agence Française pour la Biodiversité (anciennement Onema) en partenariat avec l’université Aix-Marseille, la gare des Ramières et le Syndicat mixte de la rivière Drôme.

Les partenaires financiers de cette opération sont l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée & Corse, la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement d'Auvergne - Rhône-Alpes, la Région Auvergne - Rhône-Alpes, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La stratégie de réintroduction de l'apron dans la Drôme

Cette opération s'inscrit dans le cadre de la stratégie de réintroduction adoptée en 2015 par les Conseils scientifiques régionaux du patrimoine naturel Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d’Azur durant la mise en oeuvre du plan national d'actions 2012-2016.

Elle fixe les lignes directives pour les opérations de réintroduction sur la Drôme sur la période 2015-2020. L’objectif ? Mettre en place une population viable d’aprons sur la rivière Drôme et obtenir un retour d'expérience complet de ces opérations.

Des opérations-pilotes de réintroduction d’aprons depuis 2008

Les opérations pilotes de réintroduction d’aprons ont démarré en 2008 dans le cadre du Life apron II afin d'en tester la faisabilité compte tenu du statut d'espèce gravement menacée d'extinction. Ces opérations étaient étroitement liées au développement de la technique de reproduction artificielle de l'apron mené par le Muséum de Besançon et des aprons disponibles pour cela (aprons de souche Beaume). Ces opérations ont eu lieu chaque année sur la Drôme avec un nombre plus ou moins important d'alevins au fur et à mesure des avancées en matière de reproduction artificielle de l'espèce. Aujourd'hui, la technique est très bien maîtrisée par le Muséum de Besançon.

Bientôt une population viable dans la rivière Drôme ?

Les suivis réalisés par l'Onema ont mis en évidence la survie pendant plusieurs années des individus réintroduits, puis en 2015 la génétique a permis d'apporter la preuve irréfutable de leur reproduction, et a également confirmé la nécessité de renouveler les géniteurs chaque année pour éviter l'appauvrissement génétique.

2015-2020 : Des réintroductions et des suivis à poursuivre

Pour les années 2015 à 2020, il est convenu de poursuivre les opérations en optimisant les chances de réussite. Pour cela, il est prévu de prélever chaque année de 2015 à 2017, 30 géniteurs sur la Durance, en amont de Sisteron, et de les mener au Muséum de Besançon pour s’y reproduire en captivité. Le renouvellement annuel évite tout problème de consanguinité et la souche génétique Durance, la plus diversifiée, offre le meilleur potentiel d'adaptation et donc de réussite. Ils seront ensuite relâchés dans la Drôme au printemps suivant (2016, 2017 et 2018) avec les milliers de juvéniles produits sous la supervision de l'Agence Française pour la Biodiversité.

Afin de s’assurer de la réussite des opérations, des suivis sont prévus annuellement jusqu’en 2020 avec notamment des comptages nocturnes (réalisés par l’Agence Française pour la Biodiversité), des suivis génétiques (Université d’Aix-Marseille) ainsi que des suivis de la ressource alimentaire (Irstea Aix-en-Provence). Dans l’attente d’un retour d’expérience complet de ces opérations, des lâchers d’aprons sur d’autres cours d’eau restent inenvisageables, la priorité étant bien entendu d'assurer la viabilité et l'expansion des populations d'aprons connues.

La stratégie de réintroduction est téléchargeable depuis la rubrique « Ressources documentaires »

2016 est la dernière année de mise en œuvre du premier plan national d'actions en faveur de l'apron du Rhône.

Le dernier Comité de pilotage va se tenir à la DREAL de Lyon le 30 novembre de 13h45 à 17h.

Cette réunion sera l'occasion de présenter les premiers éléments de bilan de ce plan qui s'est décliné sur 3 régions: Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

A l'ordre du jour:

  • ·Avancement global des actions 
  • ·Zoom sur quelques actions:
  1.                 Suivi de la passe à poissons de Quingey et étude de caractérisation de frayères
                    Etude d’impacts du piétinement sur le Verdon
  • ·Eléments de bilan des actions menées:
  • Restauration de la continuité
  1. Etudes génétiques
  2. Etude du régime alimentaire
  3. Reproduction artificielle et opérations pilotes de réintroduction
  4. Résultats ADNe et Répartition actuelle de l’Apron
  5. Synthèse observatoire Apron
  • Synthèse Communication, sensibilisation
  • ·Eléments de Bilan financier

·Les suites du PNA - Programme  2017